MOU


TOLBIAC MOULINET / Paris 13


CONCOURS / 2020

En colaboration avec Atelier Philéas / Aldric Bechmann Architectes / Périphériques Marin Trottin Architectes

Dans ce jeu subtil des époques et des contextes, l’ilôt Moulinet Tolbiac opère un véritable transfert culturel et renait de ses cendres dans le paysage hétérogène de l’est parisien.
Pour cette parcelle située au sud du quartier historique, bucolique et varié de la Butte aux Cailles, bordant la rue de Tolbiac limite urbaine structurante, à quelques encablures de la place d’Italie bien desservie, en résonance avec les poumons verts du quartier, le parti a été de travailler sur le concept de variation sur un thème. Le thème est celui de la trame, qui assure une harmonie à l’échelle du quartier. La variation correspond aux caractères que chaque créateur a souhaité imprimer sur l’îlot dont il a pris la responsabilité, permettant par là même, d’ouvrir la voie à la particularisation des logements.

Lot 4 - transformer l’existant
Réhabilitation de la tour
La tour du site Tolbiac Moulinet, construite en 1962, démontre sa pertinence face aux modes de vie actuels. La rigueur de son plan, qui offre une double orientation à chaque logement, la générosité des pièces et des ouvertures justifient pleinement sa conservation et seront les bases d’une rénovation douce, ciblée au plus près des capacités et besoins de l’existant.
Les objectifs sont multiples : améliorer les performances énergétiques de la tour et atteindre le Plan Climat, lui assurer une nouvelle pérennité au sein d’un environnement entièrement remodelé, la rendre plus confortable à habiter. Pour y répondre, notre projet n’impose pas une nouvelle écriture à la tour mais cherche au contraire à appuyer ses qualités inhérentes et retrouver une lecture épurée de sa composition. Une multitude d’attention à l’égard de l’existant est déployée. 

Porosité
La tour est rendue poreuse grâce à l’ouverture d’une traverse à rez-de-chaussée, qui permet des échappées visuelles et des cheminements démultipliés entre le jardin et la rue. Celle-ci est traitée dans un mouvement continu depuis la rue, avec une pente inférieure à 4%. Un nouveau hall lumineux améliore et sécurise l’accès à l’immeuble, l’usage des boîtes aux lettres. L’accès par la rampe au sous-sol est élargie pour une meilleur gestion des services communs, qui seront définis par la concertation.

Des façades lumineuses
Les façades s’allègent des encombrantes persiennes au profit de stores (commandés électriquement). Une isolation thermique extérieure biosourcée est mise en œuvre, elle limite les déperditions énergétiques de la tour sans réduire la surface des logements. Dans cette logique, les celliers présents en façade Nord sont réintégrés au volume clos et chauffé des logements. 
L’ITE est habillée d’un enduit blanc lisse et d’une faïence verte en allège des fenêtres ; des revêtements choisis pour leur capacité à réfléchir la lumière au cœur de l’îlot. La matérialité du rez-de-chaussée, plus sombre, assoit le bâtiment dans son terrain.

Intégration du végétal à l’architecture
Les garde-corps des loggias sont remplacés par des jardinières à cultiver par les habitants. Elles dessinent des verticales végétales et soulignent l’élancement de la tour. Côté intérieur, des rangements sont intégrés en partie basse.
En façade Nord, la cage d’escalier est largement vitrée et s’ouvre ainsi sur la ville. Le moucharabieh en brique est remplacé par une maille plus légère, support d’une végétation grimpante depuis les jardinières. La toiture est végétalisée tant au sol que sur ses garde-corps. L’ensemble du matériel des concessionnaires est regroupé au centre, derrière une treille végétalisée, offrant aux alentours un paysage plus maîtrisé.

Confort intérieur
Les logements gagnent en confort par l’amélioration des performances thermique et acoustique. Les planchers sont traités acoustiquement par dépose et repose du plancher chêne existant. De même les gaines techniques et portes palières sont isolées.
Les menuiseries PVC sont remplacées par des menuiseries bois qui sont déportées au nu extérieur du bâtiment, augmentant ainsi le clair de vitrage et le volume des pièces. Des tableaux de fenêtre en bois viennent en recouvrement des anciennes baies, sans remettre en question les revêtements muraux des logements, ils peuvent faire office d’étagères. Dans les cuisines, le linéaire de mobilier est optimisé pour un meilleur usage de celles-ci.

Date du concours : 2019
Montant prévisionnel des travaux : euros h.t
BET :
Maître d’Ouvrage : Paris Habitat OPH
Perspectives : L’Autre Image