Construit en 1887 en mitoyenneté avec la manufacture des Gobelins, cet immeuble de 90 logements incarne une hybridation rare entre typologie haussmannienne et immeuble ouvrier parisien. Ici, la hiérarchie sociale ne se lit pas en hauteur, mais dans la profondeur de la parcelle : logements sur rue, sur cour, en fond d’îlot.
Le projet, porté par la RIVP, repose sur une démarche innovante : un travail de relevé exhaustif, d’investigations patrimoniales et d’échanges continus avec les habitants, afin d’élaborer un programme de travaux sur mesure, éloigné des rénovations thermiques standardisées.
Dans les logements, l’habitabilité sera améliorée par des interventions à différentes échelles, adaptées à leur état de dégradation. Une refonte lourde des logements vacants sera mise en œuvre, tandis que les logements occupés bénéficieront majoritairement de rénovations douces.
Face aux canicules, les combles deviennent un enjeu central : toiture ventilée, isolation des lucarnes, prolongement des cages d’escalier et création de logements traversants, remplacement des menuiseries et installation de protections solaires. Toutes les hypothèses sont étudiées pour améliorer le confort d’été.
Ce projet est également l’occasion d’expérimenter des techniques nouvelles sur un immeuble à forte valeur patrimoniale : correcteur thermique fin en chaux et chanvre dans la cour centrale, isolation thermique extérieure (ITE) en chanvre enduit à la chaux dans les courettes, et ventilation collective.
Les courettes infiltrantes seront réhabilitées, les soupiraux dégagés afin de ventiler les caves, et la gestion de l’eau fera l’objet d’une étude approfondie. La cour principale, quant à elle, accueillera des arbres en pleine terre, créant un cœur d’îlot frais et végétalisé.
Au rez-de-chaussée, aujourd’hui majoritairement vacant, de nouveaux programmes viennent lui redonner vie : création d’un grand local vélos et de logements PMR, afin de renforcer l’accessibilité et les usages contemporains.
Le chantier se déroulera en opération « tiroirs » pour les logements les plus lourdement impactés, tirant parti de l’importante proportion de vacance dans l’immeuble. Une relation de confiance avec les résidents, initiée dès le diagnostic in situ, est au cœur du processus.